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Installée à Bastia depuis 2018

la Galerie organise une fois par mois des expositions individuelles et collectives

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Une Galerie d'art.

Des peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs, illustrateurs, collagistes...
de Corse et d’ailleurs.

 
8 février - 5 mars 2024
 

André Casabianca

Zelda Colonna

 

Exposition collective

Simone Agnello - Claudia Battesti - Jeannine Battesti

Béatrice Castoriano - Sylvia Flore - Solange Galazzo

Nadia Gali - Alejandro Ginestra - François Husson - Ioanna

Chantal Pantanacce - Pat O Bine - Emil Tamagna - Zykram

ET AUSSI

Adel Akremy - Pierre Barat - Béatrice Casanova

 Patricia Caselles - Stéphane Castelli - Michèle Corrotti

Christopher Elliot - Pascal Graziani - Jean-Marie Zacchi

 

 



 

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André Casabianca

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Zelda Colonna

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Jeannine Battesti - Emil Tamagna - Simone Agnello - Sylvia Flore - Francois Husson - Claudia Battesti - Nadia Galy

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Ioanna - Solange Galazzo - Chantal Pantanacce - Alejandro Ginestra - Pat'O Bine - Pierre Barat - Béatrice Castoriano - Zykram

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Michèle Corrotti - Jean-Marie Zacchi - Christopher Elliot - Béatrice Casanova - Adel Akremy 

Patricia Caselles - Stéphane Castelli - Pascal Graziani

 

 

 

« De la nuit à la lumière »

par Thierry Ottaviani

 

« Juste avant l’aube », c’est ainsi qu’André Casabianca avait voulu intituler sa nouvelle exposition à la galerie Noir et Blanc. Juste avant l’aube, c’est à cet instant que le travail créateur bascule de la nuit à la lumière. Trois heures du matin, était pour Rimbaud « l’heure indicible », une phase de transition. Une pendule sur un des tableaux de l’exposition indique trois heures moins cinq… juste avant l’aube. « C’est à ce moment-là que je peins dans mon atelier rue Vattelapesca », nous dit André Casabianca. L’artiste commence à travailler, car c’est justement à l’aube que l’on commence à rêver. Les aiguilles continuent de tourner. Dans ce rêve éternel, la lumière jaillit et la vie se réveille. Le « rose » s’inscrit sur des jaunes lumineux. Les couleurs éclatent sur la toile, en même temps que le soleil se lève. Ce moment absolu et exalté évoque une nouvelle fois Rimbaud et ses synesthésies. « J’ai embrassé l’aube d’été », écrivait le poète. Des visions vives et chaudes composées de palmiers, d’odeurs de jasmin et de citronnades glacées nous transportent de la Corse à Tunis, où le peintre est né. Les mots renvoient aux couleurs, mais aussi aux images du temps qui passe. Les tableaux nous plongent dans les souvenirs et nous remontons le temps, avec ses contradictions, de l’aube jusqu’au réveil du midi. Ainsi, « Juste avant l’aube » s’appellera finalement « Passage du temps ».

 

Autre artiste exposée à la galerie ce mois-ci : Zelda Colonna, dont le noir et blanc contraste avec les couleurs d’André Casabianca. Des silhouettes fantomatiques hantent ses tableaux telles des ombres sorties du cinéma expressionniste de Robert Wiene ou de Murnau. Nous y retrouvons aussi l’esthétique poétique des Yeux sans visage, ainsi qu’un romantisme gothique qui caractérise son œuvre. Dans cet univers fantastique, les lignes sombres et décharnées dessinent des corps transis, parfois enveloppés de manteaux comme les spectres d’un doute cartésien. Les visages sont devenus des masques vides ; leur corps n’est plus personne. Mais, au-delà de ces apparences, ces figures conservent l’expression du cri indicible d’une âme perdue. Nous en découvrons l’infirmité des formes tandis que des yeux transparaissent comme des bouches d’ombre. Des maux et des souffrances semblent s’en échapper. Tout renvoie à notre humanité, à ses sentiments et inquiétudes profondes. Ces scènes, déshumanisées en partie seulement, finissent par refléter étrangement notre quotidien, notre existence et ses vanités ; elles nous conduisent alors à nous interroger sur nos personnes, sur nos parts de lumière et d’obscurité.

Thierry Ottaviani

 

Thierry Ottaviani est auteur de fictions et d’essais, notamment sur la Corse.

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